Foi catholique traditionnelle

Dieu se trouve par l'exercice des vertus et la pratique des bonnes œuvres

Source: Google Books

Pour trouver son Bien-Aimé, il ne suffit pas à l’âme de gémir et de prier, ni même de recourir à de puissants intercesseurs ; pressée par un ardent désir et un grand amour, elle se résout à le chercher elle-même et à ne rien omettre pour réussir dans son entreprise.

Lorsqu’elle aime véritablement, l’âme use de tous les moyens pour trouver le Fils de Dieu, son Bien-Aimé ; et, après avoir fait tout ce qui dépend d’elle, loin d’être satisfaite, elle croit n’avoir rien fait. Elle se met donc à l’œuvre, elle le cherche et nous explique, dans cette troisième strophe, la méthode qu’elle suivra pour le rencontrer.

Elle pratiquera les vertus de la vie active, et les exercices spirituels de la vie contemplative, et elle renoncera aux plaisirs et aux délices. Dès lors, tous les efforts, les artifices du démon, du monde et de la chair, qui sont ses trois ennemis, seront impuissants à l’arrêter ou à entraver sa marche.

C’est pour cela qu’elle dit : « En cherchant mes amours », c’est-à-dire, mon Bien-Aimé.

N’est-ce pas déclarer ouvertement que, pour trouver Dieu, il ne suffit pas de le prier de cœur et de bouche, ni même de recourir aux bonnes œuvres d’autrui, mais qu’il faut de plus agir par soi-même ? Dieu, en effet, attache ordinairement plus de prix à une seule action de la personne même, qu’à beaucoup d’autres accomplies pour elle.

Aussi l’âme, se souvenant des paroles de son Époux : Cherchez, et vous trouverez, se détermine à sortir, dans le sens expliqué plus haut, et à le chercher par ses œuvres, afin d’être sûre de le trouver.

Le contraire arrive à ceux qui voudraient que Dieu ne leur coûtât que des paroles, souvent encore bien mal dites, sans rien faire pour lui de ce qui peut les gêner. Plusieurs même vont jusqu’à ne pas vouloir, pour lui plaire, quitter tel ou tel endroit qui leur est agréable.

Ils attendent ainsi tranquillement que la saveur divine leur vienne à la bouche et au cœur, sans faire un pas, sans se mortifier par le moindre sacrifice de leurs goûts, de leurs plaisirs ou de leurs désirs inutiles. Tant qu’ils ne sortiront pas d’eux-mêmes, vainement appelleront-ils Dieu à grands cris, ils ne le trouveront pas.

L’Épouse des Cantiques avait d’abord cherché son Bien-Aimé de cette manière, mais elle ne l’a trouvé qu’après être sortie ; ce qu’elle explique par ces paroles : Durant la nuit, j’ai cherché dans ma couche le Bien-Aimé de mon âme ; je l’ai cherché, et je ne l’ai pas trouvé. Je me laverai, je ferai le tour de la cité, je chercherai par les rues et les places publiques celui qu’aime mon âme. Enfin, après avoir passé par différentes épreuves, elle ajoute qu’elle l’a rencontré.

Donc, celui qui cherche Dieu en continuant à jouir de son repos et de ses douceurs le cherche de nuit et ne le trouvera pas ; mais celui qui le cherche dans l’exercice et les actes des vertus, en renonçant à ses aises et à ses délices, celui-là le cherche de jour et le trouve ; car ce qu’on n’aperçoit pas dans l’obscurité de la nuit apparaît dans les clartés du grand jour.

L’Ėpoux le fait bien comprendre, au livre de la Sagesse, par ces paroles : La Sagesse est pleine de lumière et ne se flétrit jamais ; elle est vue facilement de ceux qui l’aiment, et ceux qui la cherchent la trouvent. Elle prévient leurs désirs, et se montre à eux la première. Celui qui se lèvera de bon matin pour la chercher ne se fatiguera pas, parce qu’il la trouvera assise à sa porte.

A peine, en effet, l’âme est-elle sortie de la demeure de sa propre volupté et du lit où elle repose à son gré, qu’elle trouve la divine Sagesse, le Fils de Dieu son Époux. C’est pourquoi elle dit : « En cherchant mes amours. »

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