Prophéties - Sainte Thérèse d’Avila
Sainte Térèse d’Avila, Vie écrite par elle-même : “J’étais profondément recueilie dans l’oraison, y goûtant beaucoup de douceur et un calme très pur, lorsque je me trouvai tout à coup environnée d’anges, et fort proche de Dieu. Je me mis à prier de toute mon âme pour les besoins de l’Eglise : sa divine Majesté me fît voir alors les grands services que devait rendre un certain ordre dans les derniers temps, et le mâle courage avec lequel les religieux de cet ordre devaient défendre la foi.
Un jour, pendant que j’étais en prière devant le très saint sacrement, un saint, dont l’ordre était un peu déchu, m’apparut tenant en main un grand livre; l’ayant ouvert, il me dit d’y lire certaines paroles écrites en caractères grands et très distincts, et j’y lus ces mots : “Dans les temps à venir, cet ordre sera florissant, et il aura beaucoup de martyrs.”
Une autre fois, étant au choeur à matines, éclairée d’une semblable lumière, je vis devant moi six ou sept religieux de ce même ordre tenant des épées en main : ce qui veut dire, à mon avis, qu’ils sont appelés à défendre la foi. Car dans un autre ravissement, transportée en esprit dans une vaste plaine où se livrait un grand combat, je vis les religieux de cet ordre, avec un visage admirablement beau et tout en feu, combattre si vaillamment, qu’ils renversaient à terre plusieurs de leurs ennemis, et en tuaient un grand nombre. Je connus que cette bataille était livrée contre des hérétiques.
Ce glorieux saint m’est apparu un certain nombre de fois, et m’a dit plusieurs choses importantes. Il m’a témoigné me savoir gré des prières que je fais pour son ordre, et m’a promis de me recommander à Notre-Seigneur.
Je ne désigne point les ordres dont je parle, de peur que d’autres ne s’en offensent; si Notre-Seigneur veut qu’ils soient connus, il saura les faire connaître.
Mais une gloire à laquelle tous les ordres et chacun de leurs membres devraient aspirer à l’envi, c’est de devenir entre les mains de Dieu de dignes instruments pour servir l’Eglise dans les grands besoins où elle se trouve de nos jours. Heureuses les vies qui se consumeraient pour une si belle cause !” 1
Bioux 1857, t. 1, pp. 618-619. ↩︎