Canon 3 - De la foi
1° Si quelqu’un dit que la raison humaine est tellement indĂ©pendante que Dieu ne peut exiger d’elle la loi; qu’il soit anathĂšme.
2° Si quelqu’un dit que la foi divine n’est point distincte de la science naturelle sur Dieu et sur les choses de la morale, et qu’en consĂ©quence, la foi divine ne requiert point qu’une vĂ©ritĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e soit admise Ă cause de l’autoritĂ© de Dieu qui rĂ©vĂšle; qu’il soit anathĂšme.
3° Si quelqu’un dit que la rĂ©vĂ©lation divine ne peut pas ĂȘtre rendue croyable par des signes extĂ©rieurs, et que, pour cela, l’expĂ©rience intĂ©rieure de chacun ou l’inspiration privĂ©e doivent seules conduire les hommes Ă la loi; qu’il soit anathĂšme.
4° Si quelqu’un dit qu’aucun miracle ne saurait avoir lieu, et que, par cela mĂȘme, tous les rĂ©cits qui nous en sont faits, mĂȘme dans la sainte Ecriture, doivent ĂȘtre relĂ©guĂ©s parmi les fables et les mythes; ou que les miracles ne peuvent jamais ĂȘtre connus avec certitude, et qu’ils ne peuvent prouver solidement la divine origine de la religion chrĂ©tienne; qu’il soit analhĂšme.
5° Si quelqu’un dit que l’assentiment Ă la foi chrĂ©tienne n’est pas libre, mais qu’il est produit nĂ©cessairement par des arguments de la raison humaine (par des arguments purements humains), ou que la grĂące de Dieu n’est nĂ©cessaire que pour la foi vive qui opĂšre par la charitĂ©; quâil soit anathĂšme.
6° Si quelqu’un dit que la condition des fidĂšles est la mĂȘme que la condition de ceux qui ne sont pas encore parvenus Ă la seule foi vĂ©ritable, en sorte que les catholiques peuvent avoir une juste raison de suspendre leur assentiment pour rĂ©voquer en doute la foi que, sous le magistĂšre de lâEglise, ils ont dĂ©jĂ embrassĂ©e, jusqu’Ă ce qu’ils aient trouvĂ© une dĂ©monstration scientifique de la crĂ©dibilitĂ© et de la vĂ©ritĂ© de leur foi ; qu’il soit anathĂšme.