Foi catholique traditionnelle

Saint Thomas d’Aquin

Saint Thomas d’Aquin, Summa Theologica, p. III., Q. 82, A. 9, Est-il permis de recevoir la communion des excommuniĂ©s, des hĂ©rĂ©tiques ou des pĂ©cheurs, et d’entendre leur messe ? :

“Il faut rĂ©pondre que, comme nous l’avons dit (art. 7 et 8), les prĂȘtres, s’ils sont hĂ©rĂ©tiques, ou schismatiques, ou excommuniĂ©s, quoiqu’ils aient le pouvoir de consacrer l’eucharistie, ne peuvent cependant pas en user licitement, mais ils pĂȘchent quand ils en usent.

Or, quiconque communique avec quelqu’un dans son pĂ©chĂ©, se rend lui-mĂȘme participant de ce pĂ©chĂ©. D’oĂč il est dit 2 Jean 1:11 : que celui qui aura saluĂ© un hĂ©rĂ©tique participe Ă  ses oeuvres perverses. C’est pourquoi il n’est pas permis de recevoir la communion des prĂȘtres dont nous venons de parler ou d’entendre la messe.

Cependant il y a une diffĂ©rence Ă  Ă©tablir entre eux. Car les hĂ©rĂ©tiques, les schismatiques et les excommuniĂ©s, ont Ă©tĂ© privĂ©s par la sentence de l’Eglise de l’exercice de leur pouvoir. C’est pourquoi quiconque entend leur messe ou reçoit d’eux les sacrements, pĂšche. Mais tous les pĂ©cheurs n’ont pas Ă©tĂ© ainsi privĂ©s par une sentence de l’Eglise de l’usage de leur puissance.

Ainsi, quoiqu’ils soient suspendus par rapport Ă  eux d’aprĂšs la sentence divine, ils ne le sont pas nĂ©anmoins quant aux autres d’aprĂšs la sentence de l’Eglise. C’est pourquoi, jusqu’à ce que l’Eglise ait portĂ© sa sentence, il est permis de recevoir d’eux la communion et d’entendre leur messe. C’est ce qui fait dire Ă  la glose tirĂ©e de saint Augustin (hom. ult. inter 50, Ă  med.) sur ces paroles (1 Cor., chap. 5) : CĂčm hujusmodi nec cibum sumere : En parlant ainsi, il n’a pas voulu que l’homme fĂ»t jugĂ© par l’homme sur un simple soupçon, ou d’aprĂšs un jugement extraordinaire qui serait usurpĂ©, mais plutĂŽt d’aprĂšs la loi de Dieu, selon l’ordre de l’Eglise, soit qu’il avoue de lui-mĂȘme sa faute, soit qu’il soit accusĂ© et convaincu.” 1

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